Scarabée japonais : 10 moyens de lutte naturelle

Reconnaître le scarabée japonais : 

Le scarabée japonais est un coléoptère de couleur vert métallique luisant, avec des élytres marron. Il mesure environ 1 cm. 

 

La larve est en forme de « C », de couleur blanc transparent au départ pour devenir gris opaque par la suite. Les larves se nourrissent principalement des racines du gazon. 


Ils se nourrissent des feuilles des plantes, arbustes et arbres, pouvant défolier complètement un plant. Dans les jardins communautaires, on peut voir qu’ils s’attaquent particulièrement au basilic, pois, haricots et framboisiers.


10 moyens de lutte naturelle


1. Ramasser les scarabées et les noyer dans de l’eau savonneuse


Cette lutte mécanique est vraiment le meilleur moyen de diminuer la population de scarabées. 

Ramassez les insectes et faites-les tomber dans un seau d’eau savonneuse. Mieux vaut faire ce travail tôt le matin, quand ils sont moins actifs.

Il vaut mieux noyer les scarabées, mais n’oubliez pas le savon : dans de l’eau pure, les scarabées peuvent nager et survivre jusqu’à 3 jours, alors qu’ils se noieront rapidement dans de l’eau savonneuse

 

2. Un prédateur naturel : la mouche Istocheta Aldrichi 

La mouche Istocheta Aldrichi (prédatrice naturelle, en provenance d’Asie et introduite aux États-Unis) est maintenant établie au Québec. Les études du Jardin Botanique de Montréal démontrent que cette mouche effectue un contrôle de la population du scarabée japonais d’environ 20%, naturellement. 

Des scarabées atteints par la mouche ont été vus aux jardins Ahuntsic, Saint-Sulpice et Marcelin-Wilson

Si vous voyez des scarabées parasités avec les œufs blancs sur le thorax, ou infectés par les larves : laissez-les sur place, dans la nature ! Les œufs vont éclore en environ 24h, les larves de la mouche vont se nourrir des muscles du scarabée pour arriver à maturité : les scarabées deviennent alors rapidement incapables de voler.


Un scarabée infecté va mourir en 1 semaine, cependant la larve de la mouche va rester dans le corps du scarabée pendant l’hiver, d’où l’importance de laisser les scarabées infectés dans la nature : au printemps suivant, les mouches matures se reproduiront, faisant grandir la population de cet allié de choix, qui réduira encore plus la population de scarabées nocifs.

 

Le Jardin Botanique de Montréal continue à effectuer des statistiques sur la présence de cette mouche : vous pouvez aider la recherche ! Lorsque vous apercevez un scarabée infecté, vous pouvez prendre une  photo et la partager avec le service d’entomologie : https://monespace.espacepourlavie.ca/identification-dun-insecte

N.B. La mouche Istocheta Aldrichi s’attaque aussi à d’autres scarabées parasites comme les hannetons.

Encourager la présence d’autres prédateurs naturels (crapauds, musaraignes, etc.) peut être une solution, mais attention à ne pas attirer des prédateurs du scarabée qui deviendraient par la suite des nuisibles pour le potager (oiseaux, taupes, etc.) !

 

3. Des couvertures flottantes pour protéger l’accès aux feuilles

On peut couvrir les légumes et les petits fruits de couvertures flottantes ou “toile flottante” (“covering row” en anglais) afin de les protéger : ce type de toile laissera passer l’air, la lumière du soleil ainsi que la pluie, mais empêchera les insectes d’avoir accès aux plantes.

 

Il vaut mieux placer la couverture flottante de protection en début de saison, avant que les scarabées ne soient présents : cela coupera leur accès à la nourriture, une fois affamés, ils périront ou s’en iront avant d’avoir le temps de se reproduire. 

Assurez-vous de laisser certaines périodes (floraison) pour l’accès aux pollinisateurs, sinon vous risquez de ne pas avoir une récolte très productive… Aussi il est important de vérifier régulièrement qu’aucun insecte n’ait passé cette barrière de protection, et de s’assurer qu’aucun intrus ne reste à l’intérieur ! 

 

4. Plantez des espèces répulsives dans votre jardinet

 

Certains végétaux ont la réputation de repousser les scarabées, notamment :
– la famille des alliums (oignon, poireau, ail, ciboulette, etc.)
– la rue (Ruta graveolens)
– certain aromatiques comme le romarin, la mélisse ou la sauge
– plusieurs espèces de fleurs : géraniums, oeillets d’Inde…

 

 

La mise en place de ’’barrières naturelles’’ peut s’avérer une bonne solution pour protéger les plantes dont les scarabées sont friands (ex: basilic, framboisiers…).

Encadrez vos cultures à risque avec des plantes répulsives : plantez une bordure d’oeillets d’inde sur l’ensemble du pourtour de votre jardinet ; vous pourriez aussi encadrer les plants de basilic (par exemple) avec de l’ail ou des oignons.

 

5. Plate-bandes : des plantes toxiques pour les scarabées 

Les géraniums des jardins (Pelargornium Hortorum) seront de très bons alliés : cette plante est toxique pour les scarabées japonais et ils en sont malgré tout très friands. L’odeur des fleurs attire les scarabées, qui viennent ensuite les manger : la plante possède un acide qui va les paralyser, voir tuer le scarabée, après ingestion.  

D’autres plantes auraient le même effet toxique lorsque les scarabées viennent les manger : quatre-heures (Mirabilis Jalapa), pied d’alouette (Delphinium et Consolida)

Implanter des plantes repoussantes dans les plates-bandes va limiter une infestation, ou tout au moins nuire au développement des larves. Cependant, l’effet est limité voir nul quand la population est déjà très forte… 

 

6. Diversifier les espèces végétales qui composent la pelouse

Les larves des scarabées japonais se nourrissent principalement des racines de graminées, dont le gazon. Multiplier les espèces qui composent la pelouse peut faciliter la lutte, on pourrait par exemple ajouter : 

– Le trèfle blanc (ou même, remplacez votre gazon de graminées par une pelouse de trèfles) : ni les adultes, ni les larves de scarabée ne peuvent se nourrir de trèfles.

– Les fétuques et d’autres légumineuses qui ne font pas partie du régime alimentaire des scarabées.

L’ivraie (lat. Lolium perenne ; “ray-grass” en anglais) qui contient des endophytes (champignons microscopiques répulsifs pour les scarabées).

 

7. Rendre le sol inhospitalier pour les larves

Mettez du compost, les vers blancs préfèrent les sols sablonneux.

N’arrosez pas la pelouse au mois d’août. Si le sol est sec au moment de l’éclosion des larves et que les graminées sont en dormance estivale, alors les larves ne trouveront aucune nourriture et mourront de faim.

 

8. Installer des pièges aux phéromones 

Il existe des pièges à phéromones contre les scarabées japonais. Ces pièges contiennent une phéromone sexuelle pour attirer alors les scarabées mâles ; et une autre qui dégage une odeur florale qui attire les deux sexes. 

Il est très important de placer les pièges à distance des jardinets, à plus de 15 m (50 pieds) des potagers, et de les vider quotidiennement au plus fort de l’invasion. 

 

ATTENTION :

 1) Si le piège est installé trop près des légumes du potager, vous allez courir le risque d’empirer la situation : il serait possible qu’une partie des scarabées restent dans le piège, alors que les autres aillent attaquer les plantes des environs. 

2) Sur une faible population, ces pièges peuvent avoir un effet inverse, et pourraient attirer davantage de scarabées ravageurs.

 

9. Application de nématodes 

On peut traiter le gazon aux nématodes bénéfiques de la mi-août au début de septembre, au moment où les larves de scarabées commencent à éclore. Il s’agit d’une période où les vers blancs se retrouvent souvent à la surface du sol pour se nourrir des racines de la pelouse. 

C’est ce que l’on appelle une lutte biologique, car elle fait appel aux prédateurs naturels de l’insecte. Deux espèces en particulier, Neoaplectana carpocapsae et Heterorhabditis heliothidis, peuvent tuer les larves, et ce, avec une efficacité pouvant atteindre 90 %.

Cette solution peut être très efficace, mais coûteuse, car les applications ont besoin d’être multiples et réalisées sur l’ensemble des pelouses du jardin pour un bon contrôle.

N.B.  Il est inutile d’appliquer les nématodes en mai, car le sol n’est pas à la température souhaitée. De plus, en mai et juin, la larve se transforme en nymphe. À ce stade, elle ne se nourrit plus.

 

 

10. Application de bactéries 

1) Une maladie bactérienne, la maladie laiteuse Paenibacillus popilliae, anciennement Bacillus popilliae (appelée “milky spore disease” en anglais) est spécifique au scarabée japonais : elle ne touchera qu’eux et n’aurait aucun impact sur les autres insectes. 

2) BT ou BTG : Bacillus thuringiensis galleriae

La bactérie BT est une bactérie efficace contre tous les stades de développement des scarabées japonais (larves, et insectes adultes), et sera également efficace contre les autres vers blancs (hannetons…). L’utilisation de la bactérie BTG est autorisée au Canada depuis cette année !

Cette bactérie a une efficacité plus longue que les nématodes (jusqu’à 20 ans), mais il faut compter 2 à 3 ans avant que la quantité de spores présentes dans le sol soit assez importante pour contrôler les larves : il faut donc anticiper et être très patient ! 

 



Plus de détails :

http://espacepourlavie.ca/insectes-arthropodes/scarabee-japonais

Liste de ses plantes favoriteshttps://jardinierparesseux.com/liste-des-plantes-hotes-preferees-du-scarabee-japonais/

Liste des plantes le repoussant : https://jardinierparesseux.com/2017/06/20/plantes-que-les-scarabees-japonais-naiment-pas/ 

 

Quelques adresses :

http://www.anatisbioprotection.com/

http://www.bioprotec.ca/

https://www.derco.ca/categorie-produit/protection-phytosanitaire/

https://boutiquehortiplan.ca/produits/fr/insectes-c88/

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